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Monsieur le Président de la FS,
En juin 2024, l’accord sur la protection santé complémentaire (PSC) était signé à Bercy, ce régime obligatoire pour tous les agents au 1er janvier 2026. Puis, le jeudi 22 mai 2025, BERCY informait les organisations syndicales que le candidat retenu par appel d’offres pour couvrir les droits de plus de 134 000 actifs est l’opérateur ALAN.
Avec une cotation « opportune ? » des critères de l’appel d’offres, l’objectif du Gouvernement est d’offrir ce marché à la spéculation en écartant les mutuelles de la Fonction publique fonctionnant sur le principe de solidarité familiale, catégorielle et générationnelle.
Ce choix purement idéologique contrevient aux principes de la solidarité républicaine inscrite dans notre système de protection sociale depuis 1945.
Pour la CGT Finances publiques, il est inconcevable que le Ministère signe ce contrat avec Alan.
BERCY a en effet choisi unilatéralement un acteur assurantiel à but très lucratif. Mais quel est cet opérateur également choisi par l’Assemblée nationale, Matignon et le ministère de l’Écologie ? Une start-up non cotée en bourse qui, depuis sa création en 2016, a levé des fonds étrangers ! Son objectif, comme toutes les entreprises de ce type, est d’attirer des fonds spéculatifs avec la promesse de grosses plus-values. Ses dirigeants ont rencontré plusieurs fois le Président, chantre de la start-up nation, lors des fameux salons de la « french tech » ou « choose France ».
Les entreprises comme ALAN savent présenter des offres très compétitives grâce à leurs liens avec de hauts cadres administratifs qui pratiquent allègrement le pantouflage.
Alors que notre Ministère est censé promouvoir la souveraineté économique et numérique ainsi que la lutte contre l’optimisation et la fraude fiscales, il impose une société dont les capitaux proviennent de fonds de pensions canadiens, de fonds souverains singapouriens, de fonds spéculatifs américains ou encore de fonds d’investissements allemands. Autant de fonds exigeant un retour rapide sur investissements !
Le débouché est effectivement alléchant, les recettes étant garanties et payées rubis sur l’ongle par l’État.
Comment avoir le beurre et l’argent du beurre ! D’un côté une clientèle captive qui leur assure des recettes régulières, de l’autre un financement public (État et collectivités territoriales) dont une part léonine alimentera profits et dividendes !
ALAN n’a, de plus, aucun point d’accueil physique, une expérience dans la PSC toute relative, un exercice comptable déficitaire chaque année depuis sa création, un management par l’intelligence artificielle et une délocalisation des données de ses clients à l’étranger au mépris des règles de confidentialité (notamment le RGPD européen).
Pour la CGT FiP ce choix politique, au service de la financiarisation et de la marchandisation de la santé, permet à ALAN d’envisager un potentiel « marché » de plus de 350 000 clients rassurant ses actionnaires.
Concrètement cela implique un affaiblissement des droits pour tous, particulièrement pour les retraités. Les perdants seront toujours les mêmes : ceux qui n’auront pas les moyens d’assumer des cotisations toujours plus lourdes parce que soumises aux lois du marché et qui finalement ne pourront plus se soigner dignement.
La désignation sans vergogne d’une start-tech ne surprend pas venant de la Macronie, mais on ne peut que redouter les conséquences économiques, sociales et sanitaires sur les agents de la DGFiP. Direction, comme d’autres, où le mal travail et la souffrance au travail ont été institutionnalisés par ses dirigeants successifs.
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Article publié le 17 juin 2025.